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L’interview exclusive de DJ☆GO avec RJHH

RJHH a eu le plaisir de s’entretenir avec DJ☆GO, après la sortie de son album « Still Blue ». Producteur, rappeur, DJ et réalisateur, le japonais DJ☆GO sait absolument tout faire. Zoom sur ce fantastique DJ qui a bâti une grande partie de sa  carrière sur les sons West Coast Gfunk. C’était aussi l’occasion pour lui de nous parler de ses débuts avec son maitre Dj Minoru Ujita, des rencontres avec Kayzabro de DS455 et d’autres artistes membres de son label Ride Recordz. Il est aussi revenu sur son admiration pour certaines voitures et sa passion pour la musique. RJHH vous emmène à sa rencontre.

 


 

Bonjour DJ☆GO. Tout d’abord merci d’avoir accepté cette interview avec RJHH. C’est un véritable honneur pour nous.

Merci à vous aussi. Je suis heureux de faire cette interview avec un site français de hip hop japonais.

 

Pouvez-vous commencer par vous présenter et nous expliquer votre parcours dans l’industrie musicale en quelques mots ?

Je suis DJ GO, basé à Suginami Ward à Tokyo dans la région que j’aime depuis toujours. J’ai fait mes débuts en tant que DJ professionnel à l’âge de 18 ans. À cette époque j’ai eu la chance de pouvoir étudier le DJing auprès de mon Sensei et légendaire DJ “DJ MINORU UJITA“. Avant de devenir DJ, j’étais un délinquant juvénile, mais dès ma rencontre avec DJ MINORU UJITA, j’ai décidé de prendre au sérieux la musique. Malgré le fait que j’étais un rebelle et que je voulais en faire qu’à ma tête cela ne l’a pas empêché de me reprendre et me remettre sur le droit chemin, mais toujours avec amour. Aujourd’hui encore cet amour est toujours présent entre nous et j’ai finalement hérité du MINORU ISM. Quatre ans plus tard, j’ai créé RIDE RECORDZ en 1998. Ce label fonctionne actuellement en tant que société. En totale indépendance, j’ai commencé par sortir une première mixtape très centrée sur le hip-hop West Coast, puis nous avons créé des Mix CD en réalisant plus de 50 œuvres. À partir de là, j’ai vraiment commencé à faire des instrus pour moi et pour le groupe que j’ai formé du nom de S.S.G. Je suis devenu le DJ et trackmaker du groupe. Puis ma carrière solo chez HOOD SOUND a débuté en 2007.

 

Vous venez de sortir votre huitième album “STILL BLUE” le 25 octobre. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce tout nouveau projet ?

Je voulais que cet album soit un retour aux sources, la couleur hip-hop est plus présente dans cet opus que dans mes sorties précédentes. Cet album s’est fait naturellement dans le sens où il représente ma vision du Hiphop et mon mode de vie. Ce nouveau projet est né de mon amour pour les voitures BMW et la Cadillac Eldorado 1976, mais également pour le Texas HipHop que j’affectionne tout particulièrement. Pour le nom de l’album STILL BLUE, j’ai réutilisé le mot “BLUE” pour la première fois depuis 2 ans parce que je pensais vraiment hip-hop lors de sa conception. L’album de l’année dernière était un challenge pour moi avec un type de sons différents et une date de sortie inhbituelle, en décembre. J’ai donc voulu essayer quelque chose de nouveau sans utiliser le mot « blue ». Pour cet album, je sentais fortement que “BLUE” était une bonne idée, qu’il était temps de revenir sur ce que je fais de mieux en terme de hip-hop. J’ai pensé au titre « STILL BLUE » et j’ai voulu faire une couverture d’album similaire au premier opus « 730 Raiders » sorti en 2007. Cette fois ci, j’ai pris toutes les photos moi-même en utilisant mon appareil photo (ce qui est aussi un loisir). Je crois fermement qu’en m’impliquant à 100%, en faisant des instrus, du rap, des chants et des photos cela me permet de garder mon propre style et rester fidèle à moi-même.

 

Sortie le 25/10/2017 – Label : Hood Sounds Record

 

Le premier clip de l’album est “FOR LIFE” avec Kayzabro du légendaire groupe DS455. Quel est de votre relation avec lui et le label The Hood Sound Records ?

Bien que j’en ai parlé avant, je suis entré chez HOOD SOUND en 2007, mais j’avais rencontré Kayzabro vers 1995. À cette période au Japon, il y avait vraiment peu d’artistes qui aimaient le hip-hop West Coast. Un jour, quand je suis allé dans un club avec mon Sensei DJ MINORU UJITA, j’ai été présenté à DS455. Je me souviens que je me suis senti vraiment heureux de rencontrer des artistes qui aimaient le même style que moi. De là, Kayzabro m’a appelé pour un événement et on est devenu de bons amis. Maintenant nous travaillons ensemble sur plusieurs projets. J’ai aussi rencontré en 1996, Mr. KARAKAWA qui est une personne importante du label ce qui m’a permis par la suite d’entrer chez Hood Sound assez facilement.

“Je crois fermement qu’en m’impliquant à 100% en faisant des instrus, du rap, des chants et des photos cela me permet de garder mon propre style et rester fidèle à moi-même”

Ce nouvel album contient 11 nouvelles chansons avec de grands artistes tels que MoNa a.k.a Sad Girl, AK-69, Hi-D, Kayzabro et Cho-Co sur 3 pistes. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur Cho-Co et pourquoi vous l’avez mis sur plusieurs chansons ?

CHO-CO est un artiste représentant le label appelé “16×6” basé dans la ville de Kashiwa dans la préfecture de Chiba. Je l’ai rencontré il y a cinq ans. Par la suite, j’ai appris qu’il était lui aussi fan de BMW et il était donc naturel de se revoir puisque l’on partageait la même passion pour la marque automobile. J’ai ainsi demandé à CHO-CO de me rejoindre sur le titre “BEEMER BEEMER” sur l‘album de l’année dernière “Nature Zu Fahren” en disant : “Faisons un son sur BMW !” . Suite à cela, j’ai voulu le faire apparaître sur divers titres avec des thèmes différents. Il a finalement rejoint le label Ride Recodz en mars 2017. La raison pour laquelle j’ai choisi 3 chansons pour cet album est que j’essaie toujours de faire de mon mieux avec une grande habileté et comme il est le plus jeune membre du label j’ai voulu l’exposer davantage en le faisant participer à plusieurs chansons. 

 

Pourriez-vous nous parler de votre label Ride Recordz et nous dire qui sont les artistes qui y sont rattachés ?

Merci beaucoup pour cette question. RIDE RECORDZ a été lancé avec le rappeur PSYCHO-LOW en 1998. Actuellement, les rappeurs qui composent mon label sont GAYA-KK-YOCHO-CO et moi-même. GAYA-K représente le label TRL dans la préfecture de Saitama. K-YO représente la ville de Kawasaki dans la préfecture de Kanagawa et CHO-CO vient du label 16×6 dans la préfecture de Chiba. Avec Gaya-K, nous sommes quasiment tous les jours au téléphone parce que nous partageons la même façon de penser et le même mode de vie. K-Yo, quant à lui, a rejoint le label en 2003. Je m’appuie surtout sur GAYA-K, avec qui j’ai fait énormément de chansons. À ce jour, je suis le membre le plus ancien. CHO-CO travaille également sur le montage vidéo telle que la production de vidéo clip.  

 

 

Qu’en est-il de The Ride Reco Soldier ? Vous avez sorti le premier album en 2008 avec Tee Tee , Jo-G & Mic President . Sont-ils toujours membres du groupe ? Avez-vous l’intention de travailler sur un nouvel album avec eux ?

Après avoir sorti mon premier album solo “730RAIDERS” en 2007, j’ai voulu présenter les membres de mon label en sortant l’album « Ride Reco Soldier » en incluant tous les artistes du label « RIDE RECORDZ ». Depuis les choses ont changé, même si nous sommes toujours en contact, nous ne prévoyons pas de travailler à nouveau ensemble pour le moment, mais j’espère qu’un jour, je pourrai le faire à nouveau.

 

Vous avez de l’amour pour les belles voitures et aussi pour les sons de la côte ouest. D’où vient cette passion ?

Outre le hip-hop West Coast, la G-funk des années 1990 à 2000, j’aime le South hip-hop depuis longtemps parce que l’Ouest et le Sud ont des sonorités similaires. Dans le passé, il n’y avait pas Internet et il n’y avait pas d’information comme c’est le cas maintenant, donc pour moi les sons du sud et de l’Ouest venait de la même place. Même maintenant, le vieux style continue d’être présent et certains sons sonnent encore comme l’ancien hip-hop West Coast.
L’amour pour la voiture dans le sud est également similaire à la culture de la Low Rider de la côte ouest. Le Texas a un style de voiture personnalisé appelé Slab Culture. “SLAB” est l’abréviation de Slow Loud And Bangin’, et c’est quelque chose que j’affectionne tout particulièrement. La CADILLAC ELDORADO de 1976 que je conduis est un modèle populaire au Texas. Même maintenant, ma CADILLAC porte des roues appelées TEXAN WIRE WHEELS qui sont personnalisées. Il y a un TEXAS HIP HOP qui reste inchangé et donc ma passion qui elle aussi reste inchangée. C’est vraiment un plaisir pour moi de proposer de la bonne musique et de pouvoir exposer de belles voitures dans mes vidéos. Je suis sincèrement reconnaissant que ces deux cultures soient ma force. C’est aussi mon life style depuis de nombreuses années et qui n’est pas prêt de changer dans le futur.

 

 

La plupart de vos albums sont liés à la couleur “BLEU” Pourquoi ?

En fait, j’ai toujours aimé le bleu indépendamment de la musique. J’ai aimé les vêtements bleus quand j’étais un enfant alors que je n’écoutais pas le hip-hop. Après cela, j’ai commencé à écouter le hip-hop west coast et j’ai connu les gangs de couleur. Dans les années 1990, la mode “Gang” à fait un boom au Japon. À l’époque, il y avait un magasin qui proposait à la vente ce style de vêtements. Il y avait beaucoup de vêtements bleus, y compris ceux des Dodgers de L.A. Un jour, je suis tombé sur le rappeur PSYCHO – LOW qui était un employé du magasin. Avec cette rencontre, j’ai appris à connaître le hip-hop de Los Angeles en détail. À partir de ce moment, j’ai commencé à porter uniquement des vêtements bleus en tant que DJ. J’étais jeune, je pensais que le style “CRIP” était cool alors que c’était une façon erronée de penser au Japon. Ma couleur d’image est le bleu et elle le restera.

 

“la G-funk des années 1990 à 2000, j’aime le South hip-hop depuis longtemps parce que l’Ouest et le Sud ont des sons similaires”

 

Vous possédez également votre propre marque de vêtements appelée “AZZURRO DESIGN” distribuée par Newest United Hip Hop Shop. Pourriez-vous nous dire ce que votre marque signifie pour vous et si vous en êtes le concepteur ?

Cette idée a émergé avec l’appui de Kayzabro qui m’a dit que je devrais lancer ma propre marque. AZZURRO signifie bleu en italien. Lorsque nous avons lancé la marque, j’ai sorti l’album « MY AZZURO » en 2012 qui marquait le lancement du produit sur le marché. Quand j’ai fait cet album, j’ai utilisé l’italien parce que j’aime la mode italienne (passion qui vient de mon père décédé en 2014). Encore une fois, je pensais que le nom de la marque pouvait refléter mon style de vie en utilisant le bleu. En fait, la conception du logo officiel d’ “AZZURO DESIGN” a été décidée lors de mon voyage en France. Les Français qui connaissent bien Paris savent peut-être ! Quand je suis allé en France, j’ai été ému en voyant l’art au-delà de mon imagination. Je pense que cela a eu une grande influence sur cette marque et je travaille toujours sur le design chaque saison. Je m’applique vraiment lors de la conception du produit, car je suis le premier à porter mes produits et donc ne veux pas porter des vêtements qui ne sont pas parfaits pour moi.

 

Vous produisez toujours entièrement vos albums, pourquoi n’avez-vous jamais essayé de travailler avec d’autres producteurs ?

Tout simplement parce que je suis un Beatmaker (rires !!!). J’ai commencé la musique en tant que DJ puis à faire des beats. Si j’avais seulement fait du rap sans m’intéresser à la production d’instru, j’aurais sûrement demandé à d’autres beatmaker. Mais je pense être le seul à pouvoir reproduire 100% de ma vision en ayant l’image du produit fini, lyrics, beat etc… Ainsi, lorsque le son est complet, toutes les images sont regroupées et ainsi, j’obtiens ce que je voulais dès le départ. Il y a beaucoup de parties que j’ai décidées jusqu’ici pour mes clips vidéos. Je fais tout ce que je peux par moi-même, c’est ma vie, ma musique ! Comme pour le clip « CARIBBEAN VOYAGE » filmé à Cancun. J’ai pris ma caméra, enregistré toutes les images et réalisé le clip vidéo tout seul. Bien sûr lorsque j’ai besoin, j’ai toujours des gens du métier autour de moi qui me soutienne et que je n’oublie pas de remercier au passage.

 

Sur tous vos albums vous faites des collaborations avec de gros artistes Japonais. Pourquoi n’avoir jamais invité un artiste international ? Pouvons-nous espérer entendre un jour DJ☆GO sur une sortie française par exemple ?

C’est une question assez difficile, mais pourquoi pas (rires). Peut être parce que je voulais que ma musique japonaise soit aimée par tout le monde. La collaboration avec un artiste français serait intéressante en effet ! Je suis interviewé par un site français étant donné que la  connexion est faite, j’aimerais vraiment le faire dans le futur ! Et ce serait génial si je pouvais réaliser un clip vidéo en France !

 

Si vous aviez l’opportunité de travailler avec des artistes internationaux, pourriez-vous nous citer quelques noms ?

Dru Down, Rappin 4-Tay, Snoop Dogg, Slim Thug, J-DawgPaul WallZ-ROKilla Kyleon, Dr. Dre

 

Vous êtes un travailleur acharné, entre vos propres albums, l’album de Gaya-K & K-Yo que vous avez produit entièrement et le CD Mix comme “RIDIN’ 730“. Je suppose que vous aimez vraiment la musique alors ma question est celle-ci. Comptez-vous arrêtez la musique un jour ?

Merci !!! C’est aussi une question assez difficile (rires). Pour être honnête, la musique au Japon ne se vend pas vraiment. Je pense qu’être un artiste hip-hop est vraiment dur. Mais je dois le faire, je me dois d’aller de l’avant et j’aime faire ça même s’il y a des moments douloureux, donc je le fais depuis plus de 20 ans. Malgré tout, il y a des gens qui aiment ce que je fais et qui me supportent ce qui fait que je continue malgré tout. La musique, c’est ma vie et je pense que je m’arrêterais le jour où je partirai.. J’ai tellement sacrifié de choses pour ancrer mon style et également parce que je suis une personnalité particulièrement têtue, je ne peux plus m’arrêter. J’espère réellement que ma musique restera le jour où je ne serais plus là et qu’elle continuera à entraîner et motiver les jeunes générations à faire ce qu’elles aiment faire et aller jusqu’au bout des choses. Par-dessus tout, je cherche à être meilleur chaque jour et travailler plus sérieusement que n’importe qui. Je crois que c’est la chose la plus importante.

 

DJ☆GO merci beaucoup pour votre temps et pour cette superbe interview. Nous espérons vous voir bientôt en France, donc si vous y venez faites-le nous savoir. Si vous voulez passer un message, c’est votre temps.

C’est à moi de vous remercier !!! Je suis allée en France en 2013 et j’ai a été touchée par l’architecture, les paysages et la nourriture !! Le Mont Blanc Angelina était un vrai délice !!! Je veux absolument y retourner. Merci à vous encore une fois pour cette interview.

 

 

Propos recueillis par Rasheed San


 

 

 

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