En France, les mangas et l’animation japonaise sont certainement le premier contact que l’ont établi avec la culture japonaise. Depuis plus de trente ans, dès notre plus jeune âge nous sommes bercés par les plus grands animes, aussi bien sur nos téléviseurs que via les différentes plateformes de streaming.

Parallèlement, depuis la fin des années 80, la culture Hip-Hop a grandi, mûri, pour finir par devenir un mouvement majeur dans le monde entier, y compris au Japon. Désormais, comme dans beaucoup de pays, les artistes hip-hop sont largement représentés dans les top-charts. Au Japon, le J-RAP a pris une place importante dans la musique japonaise. C’est aussi toute la culture hip-hop japonaise qui est désormais parmi le top mondial grâce à la vibe unique qu’ont su développer les rappeurs, à la qualité des DJ, au talent des danseurs mais encore à la créativité des artistes en tout genre touchant de prés ou de loin le lifestyle hip-hop.

Dans l’animation japonaise, les génériques, plus communément appelés opening et ending, ont une grande importance (on est prêt à parier qu’au moment de lire ses lignes vous allez vous remémorer la chanson de l’un de vos animes préférés).

Certains des plus grands animes disposent également d’une OST (Original Soundtrack) que l’on pourrait qualifier de chef-d’œuvre musical. On doit cela à des compositeurs de génie, comme Joe Hisaishi, Yoko Kanno ou encore Kenji Kawai. Bien que différents dans leurs genres et inspirations, ils ont tous un point commun : le talent de sublimer un anime.

Lorsqu’on est fan d’animation japonaise et de musique hip-hop, on remarque très rapidement que le J-RAP est assez peu présent dans les animes. C’est en effet un univers essentiellement bercé par le rock et la pop. Cependant, minime ne veut pas dire néant.

Nous allons vous présenter un certain nombre d’œuvres où le hip-hop local embrasse l’animation japonaise, aussi bien dans les génériques, que dans les OST – et parfois au sein même de l’anime.

Les œuvres majeures :

L’incontournable, la référence, le classique Samurai Champloo

Synopsis : L’histoire se déroule dans une version fictive de l’ère Edo au Japon. Une jeune fille, Fuu, recherche le samouraï qui sent le tournesol. Elle se fait accompagner par deux individus originaux, Mugen l’extravagant, ancien pirate devenu vagabond, et Jin le samouraï (rōnin) impassible, à la suite d’un pari qu’elle a « gagné » contre ces deux derniers qui étaient sur le point de s’entre-tuer.

Sorti en 2004 sur la chaîne FUJI TV, Samurai Champloo est un anime de type road trip, composé de 24 épisodes, réalisés par Shinishiro Watanabe. Le succès est immédiat et l’anime débarque dés l’année suivante en France.

Évidemment, il est impossible de ne pas citer Samurai Champloo dans cet article. Cette œuvre est un classique du genre qu’il faut absolument voir et entendre.

Nul besoin d’aller bien loin pour comprendre que cet anime est bourré de hip-hop puisqu’on en retrouve dès l’opening. La bande originale est en grande partie composée de hip-hop teinté de jazz et de breakbeat, sans oublier les endings venant ajouter une dose de RnB.

On ne va pas se le cacher, Samurai Champloo est une œuvre qui a ouvert les portes du hip-hop japonais pour beaucoup, dont les membres de RJHH.

On le doit essentiellement au génie du regretté Nujabes, le producteur et DJ étant à l’origine de la production de l’opening, d’un ending et d’une partie de l’OST. Sa vibe unique générera une grande vague jazzy hip-hop aux quatre coins du monde même après son décès tragique. En effet, beaucoup d’artistes vont s’en inspirer ou lui rendre hommage au fil des années.

Cependant, l’exposition mondiale de Nujabes a eu pour conséquence de mettre en retrait les différents artistes qui ont composé et participé aux bandes-sons de Samurai Champloo.

Tout d’abord, la bande son originale est composée de quatre albums, chacun édité en version CD et Vinyl :

Masta, composé par Force of Nature et Tsutchie

Playlist, composé par Tsutchie

Departure, composé par Nujabes et Fat Jon

Impression, composé Par Force of Nature, Nujabes et Fat Jon

Les artistes qui ont contribué à cette œuvre sont les suivants :

  • Force of Nature est un groupe composé de KZA et DJ KENT. Ayant débute dans le milieu Hip-Hop, ils vont au fur et à mesure évoluer vers un style Breakbeat, Abstract et Electronique. Le duo a sorti trois albums nommés Forces Of Natures (2004), Force of Nature II (2003) et III (2006). C’est eux qui vont introduire des sons plus rythmés et agressifs notamment grâce aux drums, aux BPM plus rapides et aux featuring avec les énergiques Suiken et S-Word.
  • Tsutchie, de son vrai nom Shinji Tsuchida, est un DJ/Producteur qui a commencé sa carrière au milieu des années 90 en compagnie du groupe de rap Shakkazombie. En 2002, il sort son premier album solo, le très doux “Thanks For Listening”. Ami de longue date avec le réalisateur Shinishiro Watanabe, il avait à l’époque de Shakkazombie produit un titre pour la bande son de Cowboy BeBop, qui n’a finalement pas été retenu. Sur Samurai Champloo, Tstuchie est également le producteur de deux endings en featuring avec Azuma Riki,et avec Kazami. En 2015, Tsutchie a réalisé l’OST de l’anime Gangsta, dans un genre mélangeant hip-hop, électronique et downtempo.
  • Nujabes, de son vrai nom Jun Seba, est un DJ/Producteur Jazzy Hip-hop, né et décédé à Tokyo, des suites d’un accident tragique en 2010. Fondateur du label Hydeout, il sortira trois albums dessus et collaborera avec de nombreux artistes internationaux tels que Cyne, Substantial ou encore l’anglais Funky DL. Grâce à son style unique et touchant, sa participation à Samurai Champloo le propulsera comme étendard du genre jazzy hip-hop dans le monde entier. Après sa mort, de nombreux artistes lui rendront hommage à commencer par ses amis et rappeurs/producteurs Shing02, Uyama Hiroto, Ta-ku, etc… C’est Nujabes qui est à la production de l’opening Battlecry, accompagné de Shing02 ; ainsi que des endings en compagnie de la chanteur Minmi.
  • Fat Jon, est un rappeur/producteur originaire de Cincinnati aux États-Unis. Membre du groupe Five Deez, il est actif depuis la fin des années 90 et a sorti une dizaine de projets, dont son dernier album Tephlon Funk: The Free Tape, sorti en 2018. Sur Samurai Champloo, Fat Jon The Ample Soul Physician a apporté une touche de boom-bap qui donne à la bande son plus de profondeur.
  • Shing02, est un rappeur originaire de Tokyo. Il grandit dans différents coins du monde tels que la Tanzanie ou Londres, puis atterrit à San Francisco à la fin des années 80. Il se passionne très tôt pour la culture hip-hop avant de s’y lancer dans la fin des années 90. Il reçoit de bonnes critiques aussi bien au Japon qu’à l’international et collabore avec de nombreux artistes, japonais comme Uyama Hiroto, Gagle, DJ Deckstream… mais aussi américains tels que Living Legend, El-P, Ghostface Killah, Tokimonsta, etc… C’est surtout en compagnie de son ami Nujabes que Shing02 va se faire un nom. Il possède un rap limpide et des lyrics tout aussi techniques que profonds. Battlecry est la parfaite illustration de cette collaboration, qui va se poursuivre pendant quelques années, notamment sur la série “Luv(sic)“.
  • Minmi, est une chanteuse naviguant entre Hip-Hop, RnB, Reggae et Soca. Originaire d’Osaka, c’est en 2002 qu’elle se fait connaître du grand public japonais avec le single “The Perfect Vision“, vendu à 500 000 exemplaires. Elle enchaîne très rapidement par d’autres singles et albums qui la place parmi les meilleures chanteuses du Japon. Sa participation à l’anime Samurai Champloo s’est donc déroulée lorsqu’elle était au top de sa carrière. Les endings “Who’s Theme” et “Shiki No Uta” donne un peu plus d’envergure à cette OST. Sa passion envers le Soca fait d’elle la première artiste majeure de Soca au Japon. Elle est notamment nommée en 2007 au Reggae/Soca Music Awards de New York. Après quelques projets aux forts accents jamaïcains, Minmi revient dans un univers plus hip-hop. En démontre le titre イマガイイ en featuring avec JP The Wavy (2018).
  • Midicronica , est un groupe de J-RAP, essentiellement connu pour le dernier ending de l’anime, “San Francisco“, tiré de leur album #501. Les informations sur ce groupe sont peu nombreuses et pour cause, voici leurs noms d’artistes : #894, #181, #716 et #563. Quant aux noms des albums : #10 (2018), #777 (2015), #303 (2013),#209 (2008), #50 1(2005). C’est par les featurings que l’on peut en apprendre un peu plus sur eux et que l’on peut se faire une idée du genre musical de ce groupe. Tout au long de leur carrière, Midicronica a collaboré avec Shin-Ski, FullMember, Dj Ryow, Asayake, etc.
  • Kazami, est une chanteuse RnB de 32 ans, originaire de Fukuoka. C’est sur l’ending de l’épisode 17 que Kazami fait son apparition (You, produit par Tsutchie). Sa carrière solo se déroule essentiellement entre 2000 et 2006, où on la retrouve par exemple en collaboration avec le groupe hip-hop Sphere Of Influence.
  • Azuma Riki, est la moitié du duo Small Circle Of Friends alias STUDIO75. Accompagné de la chanteuse Satsuki Muto, ce groupe est multi-genre combinant hip-hop, jazz et électronique. Parmi l’ensemble des artistes présents sur l’OST, SCOF et probablement le groupe le plus actif puisqu’on dénombre une dizaine de projets sorties depuis 2015.
  • AFRA, est un beatboxer originaire de la ville d’Osaka. Sa participation à Samurai Champloo n’est que très peu citée, c’est dans l’épisode n°9 “Beatbox Bandit” que l’on remarque le talent de AFRA. C’est un beatboxer reconnu au Japon grâce à ses battles, ses albums et ses participations à des émissions TV. Dans les années 2000 lors de son passage à New York, AFRA aura le droit à son émission TV sur l’une des chaînes les plus iconiques du milieu Hip-Hop : MTV Base. Aujourd’hui il reste très actif du coté de Shibuya, aussi bien en tant que Beatboxer que DJ.
  • Suiken & S-Word, sont deux membres du groupe Nitro Microphone Underground,en compagnie de Bigzam, Dabo, Deli, Gore-Tex, Macka-Chin, XBS et bien sur Suiken et S-Word. Au début des années 2000, c’est l’un des groupes J-RAP les plus importants du Japon, souvent comparé au Wu-Tang Clan par leur genre musical et leur productivité, aussi bien en groupe qu’en solo. Ce groupe est tout simplement une référence incontournable de la scène hip-hop nipponne.

Avec une telle concentration d’artistes, cette OST ne pouvait être que réussie. Mais Samurai Champloo ne se contente pas de se limiter à la musique pour mettre en avant la culture hip-hop. Cela commence dès l’opening où les personnages réalisent des figures et poses de break-dance. Ajouté à cela, à la toute fin du générique, la présence d’un vinyl qui amène une touche un peu plus puriste.

Plusieurs personnages de cet anime, principaux comme secondaires, sont également très inspirés de l’esprit hip-hop. À commencer par Mugen, vagabond, possédant un parler et des gimmicks qui lui sont propres, rappelant le langage de la rue. De plus, son style de combat, plus ou moins freestyle, intègre des figures de break-dance et de capoeira.

Dans l’un des épisodes, les trois compagnons de route font la connaissance d’un petit chef local, qui est toujours accompagné par l’un de ses hommes qui joue du beatbox (doublé par AFRA).

Un peu plus loin dans leur voyage, Mugen, Fuu et Jin se retrouvent à Hiroshima où ils font la connaissance de deux frères passionnés de graffiti. Ils vont s’affronter afin de déterminer celui qui réalisera le graffiti le plus beau et le plus impactant. Dans l’affrontement final, ils vont s’attaquer au Château d”Hiroshima, avec en fond sonore, quelques couplets de Suiken et S-Word.

Samurai Champloo s’inspire du hip-hop jusque dans la réalisation de l’animation. Les scratchs sont omniprésents, utilisés le plus souvent dans les transitions d’une scène à une autre.

Tout cet assemblage, aussi bien musical que visuel, on le doit essentiellement au réalisateur, Shinishiro Watanabe. Il n’a jamais caché son intérêt pour la culture hip-hop et pour la musique Jazz, sa grande passion. On lui doit les séries animés Cowboy Bebop, Michiko e Hatchin ou encore Kids On The Slop, reconnu pour leurs bandes originales qui, même si elles ne sont pas du genre J-RAP, ont fortement inspiré la communauté hip-hop.

Le plus Hip-Hop des animes : Tokyo Tribe 2

De tous les animes qui ont pu sortir jusqu’à ce jour, Tokyo Tribe 2 est incontestablement le plus hip-hop de tous. Sortie en 2006, la série nous entraîne dans une guerre de gangs à Tokyo. Entre mythe et réalité, Santa Inoue dépeint à sa manière une large palette des cultures hip-hop japonaise et américaine.

Synopsis : L’histoire se déroule dans un Tokyo où la justice est rendue par des bandes armées. Les quatre plus grandes sont : les Shibuya saru, les Shinjyuku hands, les Musashino saru et les Wu-ronz. Les guerres des gangs font rage entre les différents quartiers. Lors d’une nuit, un évènement terrible se passe et les Saru de Musashino se retrouvent donc obligés d’affronter les dangereux Wu-ronz de Bukuro. Mais la plupart ignorent que la querelle de pouvoir qui oppose les clans est issue de la haine de deux anciens amis. Le goût de la trahison se mêle au goût du sang, et la ville s’enflamme.

Tout comme Samurai Champloo, l’opening de Tokyo Tribe donne immédiatement le ton. Platine DJ, grosse voiture, chaîne en or, paire de basket accompagné de baggy… voici ce qui compose les premières images de cet anime. Musicalement c’est le groupe Illmatic Buddha MC’s qui s’est chargé de poser leurs rimes dans un savant mélange de japonais et anglais. Illmatic Buddha MC’s n’est autre qu’une partie du légendaire groupe old school Buddha Brand

La bande originale de cet anime a quasiment entièrement été produite par MURO. DJ, producteur et rappeur, Le King Of Diggin’ est l’un des plus gros précurseurs du hip-hop japonais. Dès la fin des années 80, il réalisera des performances sur des plateaux aux cotés d’une autre légende, DJ KRUSH, avec qui il a formé le groupe KRUSH POSSE. MURO a apporté tout son talent et son expérience, afin de faire de cette OST un album de rap, dont voici la tracklist :

  1. The Extravaganza, Featuring – Kool G Rap, Young Chris From Young Gunz
  2. J.P.N. Part2, Featuring B.D., Big-Z
  3. V.I.P., Featuring Big-O, chiefLOW, Suiken
  4. Tribe Life, Featuring Kashi Da Handsome, Twigy
  5. Real Tokyo Shit, Featuring S-Word
  6. Mr. Pitiful 2006, Featuring Prodigy
  7. Midnight Movers, Featuring Asian Star, Hipster
  8. The Roosevelts, Featuring Ghostface Killah, Raekwon, Trife Da God
  9. Rock Baby Rock,Featuring B.D., JBM, KGE, Mikris
  10. So Cool, Featuring De La Soul, Lunch Time Speax
  11. Trail Blazer, Featuring T-Ace
  12. Forever Fresh, Featuring Big-O

Premier constat en analysant les featurings, c’est un album (ou OST) qui sonne résolument old school / boom bap, du pur hip-hop avant tout.

Les featurings sont assez révélateurs de la volonté de Santa Inoue et MURO de faire de cette OST une réussite. On retrouve une nouvelle fois S-WORD et Suiken les membres de Nitro Microphone Underground, BD, Kashi Da Handsome, Twigy, Lunch Time Speax… Ces artistes font partie des meilleurs des années 90 début 2000. Cette période correspond à l’âge d’or du J-RAP.

L’autre coup de force de cette bande son, c’est la présence de rappeurs américains, et pas des moindres :

Raekwon et Ghostface Killah du Wu Tang Clan, dont on connaît l’intérêt pour la culture japonaise et dont la présence semble évidente sur ce type de projet.
De La Soul qui s’associe au groupe Lunch Time Speax , deux groupes qui se ressemblent sur la forme et le fond.
Prodigy de Mobb Deep qui s’associe à MURO, histoire de donner à cette OST une énergie typiquement New Yorkaise.

Dans Tokyo Tribe 2, les différents quartiers sont détenus par des clans & gangs. Au fur et à mesure que les tracks passent (le mot épisode a été remplacé par track dans l’anime), nous faisons connaissances avec Les Hands de Shinjuku, les Wu-Ronz de Bukuro, les Thugz de Machida, sans oublier les Waru de Shibuya.

Bon nombre des personnages créés par Santa Inoue sont des inspirations de rappeurs réels, comme le leader des Waru, nommé Renkon, qui est inspiré de Raekwon The Chef du Wu-Tang Clan, Don Chi Chi des Thugz qui est une représentation de Birdman, ou encore Sleepy, le leader des 045 Bulldogz de Yokohama qui renvoie à Snoop Dogg, gang aux fortes allures de G Funk et se déplaçant en low rider.

Les gangs utilisent différents signes distinctifs afin de marquer leurs territoires. Style vestimentaire, graffiti pour indiquer leur présence, alliance avec d’autres gangs ou mafia… Santa Inoue a transformé Tokyo en une guerre urbaine, digne des grandes luttes entre les gangs qui ont eu lieu à Los Angeles par exemple.

L’auteur de cet anime, Santa Inoue, est un mangaka né à Paris, fan de la culture hip-hop depuis toujours et que l’on peut considérer comme un acteur majeur de la scène hip-hop japonais. Il a décliné son univers sous plusieurs formes. À Commencer par les mangas où Tokyo Tribe est né en 1996, suivi de Tokyo Tribe 2 puis Tokyo Tribe 3. Seul TT2 a été adapté en anime. Des crossovers ont également vu le jour, comme Tokyo Graffiti ou l’on suit le graffeur du gang des SARU qui tague, selon une démarche artistique et passionné, dans les rues de Tokyo.

En 2014, un film “live” est sorti au Japon avec cette fois une soundtrack 100% J-RAP ou l’on note la présence des artistes suivant : SIMON, Y’S, MARYJANE, EGO, LOOTA, ANARCHY, I-DEA et bien d’autres.

Santa Inoue ne s’est pas arrêté là car il a développé sa propre marque de vêtement, Santastic, et a tenu sa boutique pendant près de dix ans au cœur du quartier de Harajuku. Le mangaka est également DJ et a sorti de nombreuses mixtapes, organisé des soirées à Shibuya, réalisé des covers pour d’autres rappeurs…

Tokyo Tribe 2 est une belle représentation de ce qu’est le hip-hop au Japon. Fortement inspiré par le hip-hop américain, le Japon a su affirmer au fur et à mesure sa propre touche et Santa Inoue en est le parfait exemple.

TONKATSU DJ AGETARÔ

Historiquement, la culture hip-hop ne serait rien sans les DJ car ils sont à la base du mouvement. Cependant de nos jours, les DJ sont le plus souvent limités à cette personne qui ambiancera vos soirées jusqu’au bout de la nuit.

Tonkatsu DJ Agetarô est un court anime de douze épisodes, sorti en 2016, qui nous plonge de manière comique et ludique dans le monde du DJing.

Synopsis : Agetarô mène une petite vie tranquille et aide son père à tenir le Shibukatsu, restaurant de quartier, dont la spécialité est le porc pané. Mais bon, c’est loin d’être l’occupation la plus exaltante du monde !
Un soir, le jeune homme livre un bentô dans le quartier de Shibuya à un gérant de boîte de nuit. Pour le remercier, celui-ci lui propose de rentrer gratuitement dans la discothèque. Agetarô découvre avec stupeur le groove et les vibes de l’incroyable Mister DJ Fry, un très respecté DJ. Phénomène étrange : il croit voir son père se substituer au fameux DJ. Il trouve des éléments de similitude entre mixer des disques et mixer des ingrédients de cuisine.
C’est DJ qu’Agetarô veut devenir. Signe supplémentaire du destin : DJ Fry lance un vinyle dans le public en délire, qu’Agetarô attrape, et le désigne comme son successeur aux platines

Adaptation du manga d’Ipyao et Yujiro Koyama, cet anime nous offre la possibilité d’entrevoir ce qui stimule et passionne les DJ; tout en introduisant les spécificités de cette pratique dont Agetarô découvre et apprend au fur et à mesure de son avancée dans le milieu.

Sur le plan technique, on y retrouve l’essentiel : acquisition des premiers vinyles et des premières platines, apprentissage des techniques et méthodes liées au mix, et bien sur tout le champs lexicale nécessaire à la compréhension de cet univers.

C’est aussi l’occasion de découvrir le milieu de la nuit vu par les DJ. Agetarô arpente les différents coins de Tokyo afin de jouer face à un public différent, des configurations sonores spécifiques en fonction du club. Ce qui le mène forcément à la rencontre avec d’autres DJ, qui se révèlent généralement être de bonnes rencontres.

L’anime ne se prétend pas être hip-hop car peu importe le style musical, beaucoup d’éléments sont communs dans le monde des DJ. Sur le plan musical, cette série, en plus de beats hip-hop, est aussi composé de House music, EDM, musique électronique… tout ce qui peut composer l’univers musical au sein des clubs.

Daisuke Fujiwara a composé la bande son, qui est composée de douze pistes, dont une majorité de beats hip-hop. Ce n’est peut-être pas la bande son la plus spectaculaire de l’animation japonaise mais elle a le mérite de parfaitement coller à l’univers de cette courte série qui, rappelons le, est avant tout ludique et comique.

Œuvres Notables :

MegaloBox

Fraichement sorti au cours de l’année 2018, MegaloBox est un anime de 12 épisodes dans lequel nous suivons les aventures du boxeur de rue Joe, à la quête de la gloire.

La bande-son de cette série a été composé par le producteur/beatmaker et chanteur, Mabanua.

Membre du groupe Ovall et du label Jazzy-Sport, Mabanua fait de cette génération de beatmaker aux bases hip-hop et marqué par une forte influence de Jazz. Cependant pour cette bande-son, Mabanua explore d’autres univers musicaux tels que le trip-hop et la musique électronique. Un seul featuring sur cet OST : COMA-CHI, l’une des rappeuses les plus emblématiques de l’archipel.

A signaler, la présence DJ BAKU dans la composition de la soundrack de MegaloBox.

AFRO SAMURAI

Enfin, terminons cette partie par un anime qu’il est difficile de ne pas citer, même si l’original soundtrack est 100% américaine, il s’agit bien sûr d’Afro Samurai.

La série est sortie en 2006, suivi par plusieurs films. Il s’agit de l’une des plus belles œuvres de l’animation japonaise, aux forts accents hip-hop.

On le doit beaucoup à RZA du Wu-Tang Clan qui a composé la bande son, et au personnage principal, le charismatique Afro.

Le hip-hop dans la majorité des animes

Les œuvres citées dans la partie précédente font figure d’exception dans le monde de l’animation, qui est dominé par les musiques pop et rock. Mais le hip-hop et rap font de la résistance, souvent utilisés sous forme de courtes séquences. En illustre le tout récent anime Devilman Crybaby, où un groupe d’adolescent  intervient régulièrement pour une session freestyle de rap au beau milieu d’un épisode. Ce groupe est doublé par les rappeurs Hannya, Ken The 390 et pour le beatbox, il s’agit une nouvelle fois d’AFRA.

Le Rap est aussi utilisé pour mettre en avant des personnages un peu rebelles et/ou comiques. On pense à l’excentrique Killer Bee dans Naruto Shippuden qui s’exprime en rappant.

Les séries animées traitants de musique introduisent des éléments de la culture hip-hop.

– Dans l’anime BECK qui raconte l’histoire d’un groupe de rock ; l’un des chanteurs du groupe, Chiba, est fan de rap et la manière dont il chante reprend le flow et la technique que l’on retrouve chez le rappeur.

– Dans la série déjantée Detroit Metal City, qui est très orientée métal, le rap s’immisce lors d’une battle entre un rappeur et un chanteur de métal. Plus surprenant encore, on note la présence sur l’OST des artistes King Giddra aka Zeebra, et le groupe old school Scha Dara Par.

– Toujours sur le thème musique, notons l’OVNI Parappa The Rapper, adapté du jeu vidéo du même nom, sorti sur Playstation. L’anime est surtout destiné aux enfants, pour preuve le chara-design assez enfantin et les personnages représentés sous forme d’animaux. Le personnage principal n’est qu’autre qu’un… chiot. Seul élément notable, la participation de l’artiste Crystal Kay sur l’un des openings. Néanmoins, la bande originale, même si elle ne possède pas d’artistes majeurs, vaut le coup d’oreille.

Opening & Ending

Au Japon, les openings et endings jouent un rôle parfois crucial dans le succès d’une série. Bon nombre d’entre elles se sont révélées être des succès commerciaux, d’où la volonté des studios d’animations de faire appel à des artistes confirmés.

Le J-RAP et J-RnB n’y échappent pas. Au final, c’est dans les génériques où leur apparition est la plus fréquente, comme la participation du groupe RIP SLYME pour l’anime Gantz. C’est aussi l’occasion de constater une spécificité propre au Japon, qui est le mélange des styles musicaux que l’on pourrait parfois qualifier de musique hybride. Comme par exemple le groupe Halcali, qui possède un style mélangeant hip-hop et pop, qui a réalisé un des openings de la série Euraka Seven et un ending de l’un des shonen les plus connus : Naruto.

Nous terminons donc cet article par une playlist composé de génériques d’animes100% J-Rap et J RnB.

Faire tourner sur les réseaux

Laisser un commentaire

*

code