Ace the Chosen onE fait parti des artistes très populaires à Nagoya. Il prend son envol avec Tha Chosen onE un album qui allait marquer le début de sa carrière. Suivi par trois autres projets plus conquérants; l’album The Moment of the Truth dévoilé en 2014,le ep OREiRO de 2016 et BLACK JAM sorti en 2018, qui rappellent les variétés hip hop des années 90. En mouvement permanent, le rappeur originaire de Nagoya a accepté de s’entretenir avec Real Japanese Hip Hop pour évoquer ses différentes activités, la création du label Pitch Odd Mansion ainsi que ses principales inspirations.


RJHH : Bonjour, Ace the Chosen onE. Pourrais-tu te présenter ?

Ace the Chosen onE : Bonjour, enchanté je suis Ace The Chosen One et membre du Pitch Odd Mansion. J’organise des événements hip-hop à Nagoya.

RJHH : Je sais que tu as un deuxième surnom. Tes amis t’appellent aussi USHI-PECT SENSEI. D’où provient ce nom et quel est sa signification ?

Ace the Chosen onE : lol !!! (Rires). Au Japon, la viande cuite au barbecue s’appelle Yakiniku. C’est mon repas préféré. J’aime trop la viande de boeuf. USHI veut dire boeuf, PECT est la moitié du mot anglais respect, SENSEI signifie professeur. Mon surnom vient de là.

RJHH : Où habites-tu en ce moment ? Et quels sont tes principales activités hors de la musique ?

Ace the Chosen onE : J’habite à Nagoya. Je fais principalement de la musique avec un autre rappeur du même label que moi, il s’appelle Raitamen. Quand je ne fais pas de la musique je sors avec mes amis et je vais avec eux dans leurs magasins de vêtements. Je vais jouer aux machines à sous dans les casinos de ma ville. J’ai même utilisé la voix de Hokuto no ken (Ken le survivant en français) que j’ai samplé pour mettre dans ma musique (rires.)

RJHH : Nagoya est dans préfecture d’Aichi et est très réputée pour fournir beaucoup d’artistes sur la scène du rap japonais. Peux-tu nous donner ton avis par rapport à cette réputation ?

Ace the Chosen onE : Ici à Nagoya, il y a beaucoup de live house et de boîtes de nuits qui soutiennent des musiciens underground. Le public est très exigeant et ne danse jamais. Ils observent les artistes avec un regard très sévère et critique,  comme s’ils étaient les membres d’un jury pour un casting.  Avec tout ce que je viens de citer, les artistes de Nagoya évoluent. Mais, ça marche uniquement pour ceux qui sont sérieux et persévérants.

RJHH : Tu es l’un des membres le plus ancien du label Pitch Odd Mansion. Quelle est ta fonction ?

Ace the Chosen onE : Je n’ai pas de fonction propre, mais j’aimerais vraiment aider mes camarades artistes afin de donner de l’appui à la mise en œuvre de nos projets. On a partagé des moments qui étaient difficiles au départ. On a évolué en s’épaulant comme dans une famille. Aujourd’hui, on commence à réaliser ce qu’on peut faire grâce à la croissance de notre label et avec le succès des artistes.

RJHH : Au départ Kuneida Shitaro a créé Kuneida Uban Camp. C’est ensuite que tu l’as rejoint pour fonder Pitch Odd Mansion. Comment cela s’est-il passé ?

Ace the Chosen onE : Comment es-tu au courant de cette histoire !!! (rires). Je suis le premier à l’avoir rencontrer dans les streets clubs de Nagoya, quand on était plus jeune. Je prenais un peu la grosse tête au début. J’avais une certaine notoriété parmi les gars de la scène hip-hop. En plus, je me la racontais beaucoup  en jouant le rappeur en mode gangsta. C’était la mode de jouer les gangsters (rires).

Je me suis ensuite rapproché de Kuneida quand il a réalisé la cover-art de mon premier album. On avait à peine 20 ans. C’est à partir de là que nous avons commencé à bosser ensemble.

RJHH : Comment les autres artistes ont rejoint votre label ?

Ace the Chosen onE: Le beatmaker Sweat William connaissait Kuneida depuis longtemps. Quant au rappeur Tubaki (se prononce Tsubaki), l’histoire est un peu longue. Sweet William est allé visiter Okinawa et a rencontré Tubaki qui travaillait dans un bar. Ils ont sympathisé et ont échangé leur contact. Tubaki a ensuite fait le voyage d’Okinawa vers Nagoya pour rejoindre notre label. Et depuis ce jour, on fait de la musique ensemble.

RJHH: Quels sont les artistes étrangers et japonais qui t’ont le plus influencé ? Et ceux qui t’inspirent en ce moment ?

Ace the Chosen onE : Nas, 50 Cent, The Game sont les artistes américains que j’écoutais adolescent. Pour les japonais, mon groupe culte est King Giddra. J’ai eu la chair de poule en écoutant Zeebra. Sinon ces dernières années, c’est Tubaki que je respecte le plus à cause de l’authenticité de ces paroles et des efforts qu’il fait.

Pour être honnête, au début j’étais un peu jaloux de Tubaki. Il a démontré beaucoup de talents et d’aptitudes en rap. J’étais encore plus motivé pour produire mon troisième album BLACK JAM. En fait c’est lui qui m’a inspiré pour cet album. Je ne lui ai jamais dit (rires).

RJHH : J’avais justement une question sur ton album Black Jam. Ton oeuvre est trop éloigné des tendances chill avec des beats assez brutaux style westcoast. Que pourrais-tu nous dire de plus par rapport à cet album ?

Ace the Chosen onE : Je respecte beaucoup un rappeur-beatmaker qui s’appelle Es-Plant qui conserve toujours la musicalité authentique du hip-hop Westcoast. Il est basé à Tokyo. On a bossé ensemble et il est le beatmaker unique sur cet album.

J’avais une période de doute par rapport à la scène hip-hop japonaise. À chaque fois j’évoquais avec Es-Plant, les supers moments quand on a découvert le hip-hop durant les lives des concerts. Et si on transmettait dans un album ce qu’on avait ressenti à l’époque ?

On a donc travaillé pour recréer cette atmosphère, des beats lourds, les paroles et les techniques de rimes. J’ai apprécié à nouveau de produire quelque chose pour le rap japonais et je suis satisfait d’avoir produit un tel album qui fait revivre cette période.

RJHH : Dans le clip vidéo du morceau Cosmo Puxxy, les principaux membres du label sont présents. As-tu d’autres informations à nous fournir sur ce morceau ?

Ace the Chosen onE : Merci !!! j’attendais votre question !!!

Le beat de ce morceau a été créé par Es-Plant. J’ai pris un vol direct vers Okinawa muni de la démo pour enregistrer les voix de Tubaki et MuKuRo. Ils étaient là-bas à ce moment-là.

Ma partie rap et celle d’un autre rappeur TEN étaient déjà enregistrées avant mon départ. Quand je l’ai fait écouter à Tubaki, il a aimé tout de suite et a écrit sont texte directement dans le studio 604 (un studio à Okinawa, très fréquenté par des artistes hip-hop). MuKuRo a rédigé le sien juste après. La structure de ce morceau est plutôt simple en fait. Mais on a mis beaucoup de temps et de passions pour qu’il soit fait à la perfection.

RJHH : Peux-tu nous partager des infos inédites par rapport à tes projets en cours ? 

Ace the Chosen onE : J’organise une série événements hip-hop appelé MADE YOU LOOK à Nagoya depuis des années en invitant de nombreux rappeurs de toutes les régions du Japon. J’aurais aimé la faire le  plus souvent possible.

En fait, la population à Nagoya a historiquement un côté très conservateur. J’aurais aimé que des étrangers vivant au Japon ainsi que d’autres pays d’Asie entrent dans la scène rap de Nagoya ?

RJHH : Penses-tu qu’il y a des avantages d’aller se produire sur scène à l’étranger ?

Ace the Chosen onE : Si, il y en a certainement ! L’obstacle principal est le langage pour les rappeurs japonais. Nos artistes ont pour l’idée d’essayer et d’agrandir leurs activités même en dehors du Japon. Si j’ai des occasions d’y aller, j’aimerai bien. En tout cas, personnellement, je ne dis pas non.

RJHH : Merci pour ce premier entretien avec Real Japanese Hip Hop. Souhaites-tu faire une dédicace pour nos lecteurs ?

Ace the Chosen onE : Ça me fait très plaisir de savoir que vous connaissez un rappeur comme moi. On dit que le monde est grand, mais il n’est pas si vaste que ça, je l’ai senti grâce à vous. J’aurais aimé montrer davantage et prouver que le hip-hop japonais est de qualité. Pour vos lecteurs, je dirai de rester connecter sur Real Japanese Hip Hop.

 

Propos recueillis par Emiko Lauroua


Faire tourner sur les réseaux

Laisser un commentaire

*

code