Blaise est l’un des jeunes phénomènes du rap japonais à plusieurs facettes, derrière lequel se cache un immense talent. Passionné par la musique et la culture hip hop depuis son enfance, il prend le temps de rester en retrait avant de sortir ses projets. Toujours gonflé à bloc et à contre-courant de la vague des productions des jeunes artistes qui inondent Tokyo actuellement, Blaise tient à se démarquer par sa musique et son flow. Rencontre avec un rappeur prometteur qui n’a pas fini de faire parler de lui.


RJHH : Bonjour Blaise, merci de recevoir Real Japanese hip hop, pourrais-tu te présenter rapidement ?

Blaise : Je suis Blaise et je suis membre des groupes kiLLA et bSTA . Ce sont des groupes de huit à dix personnes dont les activités se font principalement à Tokyo. 

RJHH : Racontes moi un peu ta rencontre avec la musique et la culture hip hop.

Blaise : J’ai toujours aimé la musique. Enfant, j’allais souvent me promener en voiture avec ma mère et mon grand frère. On mettait les morceaux de Red Hot Chili Peppers, Kawamura Ryuichi, Ne-Yo. Ma mère aimait beaucoup le RNB américain.

J’ai découvert Ne-Yo à ce moment-là, mais surtout son featuring avec 50 Cent “Baby By Me“. J’ai aussi découvert Eminen grâce aux CDs achetés par mon frère. A ce moment-là j’avais sept ans et et j’ai commencé à faire des recherches sur d’autres artistes hip hop.

Lors de ma première année au lycée, j’ai commencé à pratiquer du basket-ball avec des amis. kZm (ex membre de kILLA et actuellement membre de Yentown Tokyo avec Awich) et YDIZZY étaient dans l’équipe de basket-ball. Ils m’ont fait écouter quelques morceaux de rap avec des voix enregistrés et m’ont proposé d’y participer. Six mois plus-tard, je faisais des live sur scène avec eux.

RJHH : Depuis que tu as commencé dans la musique, ton style est très diversifié, est ce que tu continues à le développer en travaillant davantage ?

Blaise : Oui, je travaille beaucoup mon style et ça me permet de développer mon originalité.

RJHH : Je me demande comment tu écris tes morceaux et comment te vient l’inspiration lorsque tu te retrouves studio ?

Blaise : Il y a environ un an, j’écrivais les paroles avant d’aller enregistrer, mais en ce moment, j’ai beaucoup d’idée une fois en studio. Lorsque je suis inspiré, j’écris quasiment partout. J’essaye d’adapter les paroles et les mélodies, c’est un peu plus facile car je me suis préparé avant et j’ai beaucoup plus de possibilité.

Blaise : “On mettait les morceaux de Red Hot Chili Peppers, Kawamura Ryuichi, Ne-Yo.”

RJHH : Quels sont tes rappeurs favoris.

Blaise : Il y a trop que j’apprécie (rires)

RJHH : Tu peux en citer uniquement trois.

Blaise : Je citerai ces trois-là, Kendrick Lamar, Kanye West, Nadattara 

RJHH : Ton rap est différent par rappeur aux autres artistes de la même génération que toi. Est-il important pour toi de te démarquer des autres ?

Blaise : J’aimerai davantage m’exprimer sans filtre, c’est l’une des raisons pour laquelle je fais de la musique. Mes motivations sont tout aussi différentes. Au Japon, il y a beaucoup d’artistes qui font la même chose et qui n’arrivent pas à marquer leur différence. Je n’ai aucun préjugé sur le passé ou même l’apparence. Ce qui est important ce sont les différences de chacun car personne n’a vécu les mêmes expériences.

Personne n’a été élevé dans le même environnement, quand on poursuit l’originalité on doit apprendre à se trouver. Si on cherche une part d’originalité, on doit en trouver une et que ça nous aide à mieux nous comprendre. Je me connais assez pour savoir que le hip hop est ma route lorsque je rappe sur ma réalité. Je dois dire qui je suis et d’où je viens. 

RJHH : En t’écoutant, j’ai l’impression que pour toi l’originalité est très importante. Par contre, il y a des artistes qui sont originaux mais qui n’ont pas l’attention qu’il devrait avoir. Qu’en penses-tu ?

On ne peut pas évoluer si on reste refermer sur soi-même, il faut explorer de nouvelles choses pour découvrir de nouvelles facettes de sa personnalité. La musique est un support idéal pour communiquer. Avec elle je ressens la possibilité de dénoncer certaines choses injustes dans mon pays.

BLAISE SOUNDCLOUD

Pour pouvoir transmettre quelque chose par la musique, il faut connaitre son sujet et votre façon de voir les choses se transmet par votre musique. Par exemple dans ma jeunesse, j’ai découvert les injustices quand je travaillais pour soutenir ma famille en tant que déménageur dès l’age de seize ans pendant cinq longues années. J’ai vu beaucoup d’injustice, certaines personnes ne sont pas toujours honnêtes avec les gens. Quand les enfants se retrouvent dans de telle situation, ils sont obligés de grandir plus vite.

RJHH : Quel genre de personne voudrais-tu devenir ?

Blaise : Je veux devenir un grand homme qui peut aider les gens dans le besoin. Pour être une personne influente, il faut être célèbre. Je veux faire bouger les choses.

RJHH : Tu voudrais faire bouger les choses ?

Les personnes qui aident les gens qui sont dans des situation difficiles sont la plupart du temps de grands Hommes. Les personnes célèbres qui ont beaucoup d’influence peuvent aider encore plus de gens, je voudrais aussi aider. Je pense aussi que la musique peut changer le système d’un pays.

Blaise : “je pense qu’on peut surprendre les auditeurs avec une bonnes technique et des idées originales”

RJHH : Tu as sorti le single “BLAISE MY DAY’S” il y a quelques mois. Tu as ajouté des sonorités cubaines et indiennes quand j’ai écouté ce morceau. Tu as réussi à en faire un son hip hop. Que peux-tu nous dire de plus sur ce single ?

Blaise : J’ai écrit toutes les paroles. J’ai réfléchi seul à l’atmosphère que je voulais mettre jusqu’à la finition de ce single.  En écoutant tu as sans doute remarqué que je disais un peu les mêmes mots, mais je pense qu’on peut surprendre les auditeurs avec une bonnes technique et des idées originales.

Blaise my day's

Avant que le single ne soit publié, j’ai écouté plusieurs beats ainsi que des démos d’un ingénieur du son May Daishi. En repassant ces instrumentales dans ma tête, je me disais que je pouvais faire quelque chose. Un jour je jouais aux fléchettes et l’inspiration m’est venu d’un coup. J’ai foncé ensuite au studio pour enregistrer.

RJHH : Tu me disais que tu travailles depuis des mois sur plusieurs projets qui sont encore confidentiels. Des morceaux sont déjà prêts mais tu attends le bon moment pour les sortir. Peux-tu m’en dire un peu plus ?

Blaise : Oui en effet, nous allons sortir plusieurs morceaux entre 2019 et 2020. Il y aura un total de cinq EP. Deux où je serais en solo et les autres avec les artistes Jay ICE, SAD WEEK END et Leon Fanourakis. Je citerai aussi la seconde mixtape de Bsta. 

RJHH : Encore une question. Dans une vidéo YouTube, tu disais que tu souhaitais voir des artistes japonais s’investir afin de suivre les scènes musicales étrangères. Peux-tu m’en dire un peu plus ?

Blaise : Ayant grandi au Japon, je vois beaucoup de points positifs que d’autres pays n’ont pas. J’aimerais que les artistes du monde puissent se comprendre, se respecter mutuellement et que les différences de chacun soient valorisées. C’est le fond de ma pensée.

RJHH : Merci Blaise pour cet interview. Ce fut un plaisir de discuter avec toi.

Blaise : C’est plutôt à moi de vous remercier et d’avoir pris le temps de m’écouter. Mes projets vont bientôt sortir, avec les membres de kILLA et de bUSTA vont bientôt sortir. Rester connecté.

 

Propos recueillis par Emiko Lauroua


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