Présent sur la scène hip-hop japonaise depuis vingt longues années, Dj Ryow a croisé le chemin d’un grand nombre d’artistes, toutes générations confondues. Il est devenu un dj/producteur emblématique, incontournable et reconnu par ses pairs. Dj Ryow a grandi à Gifu et se passionne très vite pour le hip-hop dans les années 90. Participant à d’importants festivals de musique au Japon et à l’étranger, il a démontré ses capacités avec ses productions.

Depuis août dernier, Dj Ryow a repris ses activités en dévoilant plusieurs vidéos annonçant son onzième projet DREAMS AND NIGHTMARES. À l’occasion de cette sortie qui a eu lieu la semaine dernière, Real Japanese Hip Hop est allé à sa rencontre afin de dresser le bilan d’un parcours fondamental.


RJHH : Bonjour DJ Ryow. J’ai vu sur plusieurs sites de rap japonais qu’on te présentait comme un DJ, beatmaker et producteur. Parmi ces trois statuts qu’elle est celui qui te correspond le mieux ?

DJ RYOW : C’est tout !!! (Rires). Pour moi, chaque statut est différent, mais j’ai l’impression d’être un mélange des trois.

RJHH : Au début des années 90, ECD, King Giddra, Stcha Dara Parr, Rhymester, BUDDHA BRAND, DJ KRUSH, SHAKKAZOMBIE, SOUL SCREAM et d’autres groupes ont posé les bases du rap japonais. Suivais-tu ces groupes d’artistes ou ton regard était tourné vers le hip-hop américain ?

DJ RYOW : Je suis de Nagoya et j’écoutais en priorité ILLMARIACHI.

RJHH : Mon album préféré de rap japonais durant cette période est 5 Wheel 2 The Coast de SDP (Sha Dara Parr) et Don’t Turn Off Your Light de Microphone Pager. Peux-tu me citer quelques-uns de tes albums favoris durant cette époque.

DJ RYOW :  Je te dirai THE MASTA BLUSTA de ILLMARIACHI, c’était mon album préféré. À partir de là j’ai commencé à faire du DJing et en écoutant beaucoup de morceaux du japon et des Etats-Unis.

RJHH : As-tu une idée de ce que tu faisais en 1994 ? 

DJ RYOW : J’avais 14 ans et je jouais au football

RJHH : Ta carrière commence-t-elle vraiment en 2005 avec la sortie de Projet Dreams ? Je me demande si tu avais commencé à produire avant cette année-là. Peux-tu me raconter comment tout a commencé ?

DJ RYOW : Mon premier album était « Project Dreams » sorti en 2005. Avant ça, j’avais produit divers morceaux dans les albums tels que : «ENDLESS FILE» demo , «EQUAL, RYOW», «B-NINJAH & AK-69 / GHETTO CHAMP» et «MOSAD». Entre 17 et 18 ans, j’ai commencé mes activités de dj à Ogaki comme passe-temps. Ensuite, je vivais chez un ami à Nogoya car je suis parti de chez mes parents à l’âge de 18 ans. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré « E »qual et les autres membres du groupe MOSAD (Tokona X et Akira). Et à ce moment-là, j’ai fait partir parmi eux. C’est le sérieux début de ma carrière musicale quand j’ai rejoint ces artistes.

RJHH :  Le mot « dream » apparaît très souvent dans tes créations ; Project Dream, In Dream we Trust, et même dans le label que tu as créé DREAM TEAM MUSIC. Pourquoi ce mot est si important pour toi ?

DJ RYOW : La principale raison est que je suis toujours en train de rêver, malgré mon âge, je vais avoir 40 ans à l’année prochaine (rires)

RJHH : Comment a été ton premier voyage aux Etats-Unis ? Tu as même rencontré DJ Green Lantern DJ Mister Cee ou encore DJ Envy, comment votre rencontre s’est-elle produite ?

DJ RYOW : Ma première visite à New York a été choquante. Je pense que c’était une chance pour moi de venir dans cette ville. Alors que j’y allais à plusieurs reprises, je voulais y poursuivre mes activités, des mixtapes avec d’autres dj que j’admirais à l’époque. Je me suis progressivement rapproché de MISTER CEE, ENVY, GREEN LANTERN, ABSOLUTE. J’ai également collaboré avec FLEX et NEW ERA.

New-York, c’est ma ville préférée, j’y vais régulièrement, car cette mégalopole est très inspiranteJe me rappelle d’un souvenir, la première fois que je suis venu. J’ai rapporté les cendres d’un membre du groupe BALLERS en sortant par la fenêtre de l’hôtel enneigé. Il s’appelait Keishi et rêvait de venir à New-York depuis toujours. Il est mort jeune. 

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RJHH : Qui est TOMOKIYO ? J’ai vu qu’il était très présent dans les projets Projet Dreams qui ont pris fin en 2009. 

DJ RYOW : C’est durant l’été 2005 que nous avons travaillé ensemble la première fois.  « The Rock City » avec « E »qual, c’était notre première production commune. Ensuite, nous avons enchaîné avec la production de l’album PROJECT DREAMS PT.2”.

RJHH : Avant de parler de NEW X CLASSIC, je souhaite revenir sur les albums More Than Music, Life Goes On, In Dreams We Trust. Tous les principaux artistes du rap japonais sont présents. Trouver le bon beat pour chaque artiste ne doit pas être simple. Comment fais-tu pour travailler avec autant d’artistes et t’adapter aux styles de chacun ? 

DJ RYOW : Je ne ressens la difficulté de travailler avec autant d’artistes. Je m’éclate plutôt, car tous les artistes que je sollicite, c’est en tant que fan.

RJHH : Lorsque tu prépares un nouveau projet d’albums, es-tu contacté par les artistes ou tu produis d’abord les instrus avant de les appeler ?

DJ RYOW : Pour moi, il faut faire le BEAT. J’ai toujours des stocks de beats de mon côté car, j’en produis tout le temps .Ce dernier temps, je produis même avec les membres de  “SPACE DUST CLUB”. Ma manière, d’approcher les artistes se fait au cas par cas. Mais, quand je découvre des artistes qui m’inspirent en écoutant leurs sons, en rencontrant dans des événements ou en assistant à des lives, je n’hésite pas à leur faire des propositions.

Ensuite, il faut que je sache comment nous pouvons travailler en respectant leur programme à venir. Je dois trouver le meilleur moment de la production et de la sortie d’opus.

RJHH : Tu rends beaucoup hommage à TOKONA-X dans tes albums. Peux-tu nous dire quel genre de rappeur il était ?

DJ RYOW : TOKONA-X était l’artiste hip-hop le plus fort et le plus fou.

 

DREAMS AND NIGHTMARES / YouTube Videos

 

RJHH : Peux-tu me parler de NEW X CLASSIC sorti l’année dernière ? 

DJ RYOW : Mon approche au niveau de la production n’est pas très différente des autres albums déjà sortis. Mais comme c’était le dixième, j’étais très enthousiaste et je considérais ce projet comme étant le dernier. Mon onzième album est sorti (rires).

RJHH : J’ai aussi remarqué que dans cet album, tu as davantage travaillé avec de jeunes rappeurs qui représentent le hip hop japonais actuels ; Bad Hop, MIYACHI, JP THE WAVY, Cz Tiger. Qu’as-tu remarqué d’important en travaillant avec ces jeunes artistes ? 

DJ RYOW : En fait, je me fiche de mon âge, ceux qui ont du charisme et de l’authenticité sont toujours des personnes cools quel que soit l’âge. Et bien que je sois plus âgé, le pouvoir des jeunes est impressionnant. Je pense que ce serait mieux si nous pouvions connecter les générations. J’ai seulement de l’espoir si cette connexion peut se faire davantage.

DJ RYOW, DREAMS AND NIGHTMARES

RJHH : DREAMS AND NIGHTMARES est disponible depuis le 2 octobre. Peux-tu nous donner des infos sur ton nouvel album ?

DJ RYOW : De nombreuses chansons ont été distribuées jusqu’à présent, mais je serai heureux si vous pouvez l’écouter entièrement. Jacquets, ordre des morceaux etc … C’est devenu est “super-meilleur” travail grâce à mon inspiration. J’ai également sorti un clip vidéo pour toutes les chansons de l’album, alors jetez-y un œil !

RJHH : Merci DJ RYOW pour cet interview, veux-tu ajouter un mot, une dédicace ou un message en guise de fin ?

DJ RYOW : Merci RJHH, un vrai plaisir de répondre à vos questions. L’année prochaine, j’aurai 40 ans. Les œuvres de DJ et producteur regorgent de choses très variées. Écoutez donc la source sonore et entrez dans la scène. Merci !!!

 

Propos recueillis par Roger Atangana


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