La plupart des albums d’artistes sont parfois illustrés par des graphistes renommés ou des dessinateurs indépendants. Les travaux de GAKIYA sont le résultat d’un graphiste qui a plongé dans l’univers du dessin numérique en lui apportant sa touche personnelle intense. L’occasion de se pencher sur des techniques comprenant la méthode abordée afin de réaliser ses dessins. RJHH est allé à la rencontre de cet artiste afin de discuter de son parcours. Avec des expositions qui se sont tenues à la gallérie de Faro Kagurazaka de Tokyo en novembre et qui se poursuivront en décembre, l’intéressé nous parlera de ses liens avec la scène hip-hop japonaise et de toute l’étendue de son talent.


RJHH : Comment a commencé votre carrière d’artiste visuel et graphiste ?

GAKIYA : Je suis originaire d’Okinawa. Quand j’avais la vingtaine, je voulais devenir coiffeur. Après mes études dans ce domaine, je suis allé à Tokyo et j’ai exercé ce métier mais cela ne me correspondait pas. Je n’étais pas à l’aise pour communiquer avec les clients.
Je dessinais depuis l’enfance, mais c’est quand je suis tombé sur les dessins de Katsuya Terada que j’ai voulu devenir graphiste. J’ai cherché à imiter en dessin numérique son style assez bande-dessinée et futuriste comme celui de Mœbius. 

Pendant une dizaine d’années, j’ai démarché  les maisons d’éditions, mais ma carrière ne décollait pas. Pour vivre, je travaillais à l’accueil d’une imprimerie. A côté se trouvait une boutique de matériel de dessin. J’y ai rencontré Teruhiko Yumura qui s’illustre dans le style Heta-uma (On peut le traduire par « mauvais-bon »; désigne une œuvre qui semble mal dessinée, mais qui révèle de véritables qualités). Il trouvait le dessin numérique plutôt froid, et m’a conseillé de m’orienter vers le collage.

Je m’y suis mis le jour même. En 2006, la revue Music Magazine m’a passé commande pour illustrer un article sur Flipper’s Guitar (groupe très populaire des années fin 80’- début 90’). À partir de là, j’ai commencé à recevoir pas mal de commandes pour des couvertures de livres, de magazines etc…

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RJHH : Ces derniers temps, vos activités sur le “cover-art” pour de nombreux disques et de grand succès sont assez remarqués.  Comment vous y êtes-vous pris ?

GAKIYA : L’album “Great3” éponyme du groupe Great3 a été ma première illustration pour une pochette de disque.J’adore leur musique et je rêvais d’illustrer une de leurs pochettes.

Grâce à un de mes amis, ex.producteur chez “Space Shower Music“, j’ai eu des opportunités pour travailler dans l’illustration de pochettes de disques, notamment pour les groupes Alfred Beach Sandal et STUTS

RJHH: Quel matériel utilisez-vous pour le dessin ?

GAKIYA : J’utilise principalement de la peinture acrylique, des encres colorées et des feutres etc … 

Couverture de EUTOPIA , l’album du beatmaker STUTS

 

RJHH: Votre style me rappelle un peu les dessins de presses satiriques et les affiches anciennes, avec une touche de modernité qui me fait penser à la fois aux rétro-futurisme, Utopia de Thomas More, réalisme (littérature), actualisme et à la street-culture hyper contemporaine, est-ce intentionnel ?

GAKIYA: Oui, je m’inspire des arts publicitaires et d’anciens journaux pour le côté vintage et la part de modernité vient de ma passion pour la musique et la mode. Mon style est un mélange de tout cela.

RJHH: Quels sont vos projets pour le futur ?

GAKIYA: Je travaille sur des projets personnels pour des expositions au Japon et en parallèle j’ai toujours beaucoup de commandes pour des pochettes de disque, mais je ne peux pas encore révéler les artistes. Soyez au rendez-vous pour les découvrir courant 2019 ! Par ailleurs, j’aimerais beaucoup exposer à Paris.

Propos receuillis par Emiko Lauroua


 

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