Percent C s’affirme de plus en plus comme le chef de file d’une nouvelle scène japonaise actualisée par la culture rap et sa liberté. Ayant trouvé quelques moyens imparables de repousser la routine, Percent C persiste dans les productions originales et inédites tout en multipliant les collaborations. Il suffit d’écouter les 7 albums enregistrés dans son bandcamp pour savoir que Percent C jour dans la cours des grands trackmaker japonais.

L’occasion de longuement parler, en exclusivité, avec ce producteur discret : de ses influences, de son entourage artistique ainsi que des productions qu’il a sorti pour plusieurs groupes de hip-hop.


RJHH : Bonjour Percent C !

%C : Bonjour !

RJHH :   Comment vas-tu ? Peux-tu te présenter et me parler de ton enfance. Où l’as-tu passé ?

%C : Je m’appelle Toshiki Hayashi, mon nom en tant que beatmaker/producteur est Percent C. Actuellement je vis à Tokyo. J’ai grandi à Kanagawa avec mon petit frère et le reste de ma famille.

RJHH : Comment as-tu découvert la musique rap ?

%C : J’ai découvert le rap avec le groupe SD JUNKSTA. En fait,  Norikiyo habitait dans la même ville que moi, c’était le quartier de Sagamihara. J’adore Norikiyo, c’est mon rappeur favori.

RJHH : Norikiyo a donné envie à toute une jeune génération de jeunes rappeurs japonais de se lancer du rap. Mais toi, tu es de la branche des trackmakers. Quels sont les beatmakers célèbrent qui t’ont inspiré et influencé ?

%C : Je suis très inspiré par Jay DILLA. J’adore le son “So Far To Go feat. Comon & D’Angelo“. J’aime aussi le beatmaker allemand Suff Daddy. En plus, je puise aussi mes inspirations dans la musique Jazz que j’adore sampler, ainsi que dans les morceaux de Georges Benson qui sont vraiment excellents.

RJHH : J’ai vu que tu faisais partie du groupe HOOLIGANZ et qu’en même temps tu travaillais parfois avec Chelmico, JABBA DA FOOTBAL CLUB. Depuis combien de temps es-tu associé à ces différents groupes ?

%C : J’ai commencé ma carrière en 2008. En 2012, j’ai rejoint le groupe HOOLIGANZ et je continue toujours de travailler avec eux. Nous sommes 4 membres au total. 3 MCs et moi étant le beatmaker. 4 ans plus tard, je me suis lancé avec Mamiko et Rachel de Chelmico. J’ai produit le titre “E.P.S de leur deuxième album POWER et des beats pour les rappeurs de Jabba Da Football Club. Pour infos, dans le futur je vais travailler sur l’album solo d’une des membres de Chelmico ; la rappeuse Mamiko. Pour l’instant, rien n’est encore décidé.

RJHH : Pour toi, quel est le meilleur album rap que tu as écouté ?

%C : Je pense toute de suite à Ini-Center Of Attention de Pete Rock. Je pense que dans cet album, il y a tous les fondamentaux du hip-hop.

“Pour moi, le hip-hop japonais est comme est village étroit”

RJHH Revenons sur ton opus THREE, sorti en novembre 2017. Combien de temps était nécessaire afin de réaliser cet album ?

%C : J’ai passé presque une année entière pour produire tous les beats. En ce qui concerne les différents morceaux, cela à pris environ 3 mois.

RJHH : Les chansons “Little Life feat. JJJ” et “remind feat. Chiyori” sont deux titres aux univers différents. “Little life” se trouve dans le style Jazz Hip-Hop alors que le “Remind” met l’accent sur les sonorités traditionnelles japonaises. Confirmes-tu cette impression ?

%C : La différence de rythme de ces deux titres ne se fait pas trop ressentir. Peut-être que lorsque des personnes d’outre-mer l’écouteront, vous remarquerez peut-être une différence. Little life tend plus vers une ambiance jazz. J’aime beaucoup mélanger le jazz et le hip-hop.

RJHH : Ton top 3 des rappeurs japonais.

%C : CBS, Tokyo Health Club et Chelmico

RJHH : En étant beatmaker, il est sûr et même certain que tu ne participes pas aux battles de rap. Mais as-tu souvent l’occasion d’y aller pour observer.

%C : C’est vrai je n’ai jamais participé à aucune de ces compétions, mais j’y vais pour voir quand les membres de HOOLIGANZ sont présents.

RJHH : les activités des artistes au sein du hip-hop japonais sont très diverses. Quel est ton avis par rapport à la culture hip-hop en général ?

%C : Pour moi, le hip-hop japonais est comme est village étroit. Mais quand je vois les live tours, les compétitions de rap, les shows en direct des différents groupes, je pense que la multitude d’artistes hip-hop va davantage s’élargir.

RJHH : Quels sont les albums que tu écoutes en ce moment ?

%C :  J’écoute les albums de ces artistes japonais Omoideyaro A Team, Tanoshiku Kuraso

RJHH : Un mot pour la fin ?

%C : Je vous remercie, ça fait vraiment plaisir d’être interviewer par un média étranger qui s’intéresse au hip-hop japonais.

 

Propos recueillis par Roger Atangana


 

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