Depuis ses deux excellents albums “The Funkeira Goes Bang” et “This World Is My Playground, on ne présente plus Tigarah. Originaire de Tokyo, la rappeuse, dj, productrice, modèle journaliste télé a fait ses armes en jetant son attention sur la musique en provenance du Brésil et en collaborant avec des producteurs célèbrent américains et européens. C’est l’une des rares femmes de la scène hip-hop japonaise à s’exporter à l’étranger. Aujourd’hui, Tigarah cumule et prépare ses projets pour l’année 2019 qui arrivent à grand pas. RJHH a rencontré cette artiste pleine d’énergie qui prépare avec émotion et enthousiasme son retour sur le devant de la scène


RJHH: Bonjour Tigarah !!! Comment vas-tu ?

Tigarah: Ouech !!! (rires), bonjour.  Je vais très très bien !!!

RJHH: (rires) J’aurais du commencer par Ouech Tigarah !!! 

Tigarah: Moi je dis Ouech !!! (rires)

RJHH: Peux-tu commencer notre entretien en te présentant pour ceux qui ne te connaissent pas.

Tigarah: Je m’appelle Tigarah et je suis chanteuse, rappeuse, modèle et aussi Dj. Je suis originaire de Tokyo. Il y a deux ans, j’ai commencé en tant que présentatrice de télé pour la chaîne E-NEWS. Tu connais E-NEWS ?

RJHH: E-NEWS ? non.

Tigarah: E-NEWS c’est une chaîne américaine qui appartient à NBC Universal. On l’appelle aussi E Entertainment. Ils parlent de la vie des stars, des films, de grandes cérémonies, Oscars, Golden Globe etc… Cette chaîne est située à Los Angeles, mais ils ont commencé en Asie il y a deux ans. Au Japon, je suis la présentatrice pour E-NEWS version japonaise. Chaque fois que des comédiens, acteurs viennent au Japon, c’est moi qui fais l’interview.

RJHH: Tu as sans doute croisé de grosses stars. J’ai vu sur ton compte Instagram que tu avais rencontré Tom Cruise ?

Tigarah: Oui !!! Tom Cruise. Je l’ai vu deux fois. Il est trop gentil. Chaque fois qu’on faisait l’interview, il disait qu’il adorait mes cheveux. Maintenant, je vais garder ma coiffure et mes cheveux en blond (rires).

Tigarah – Laplace Paris 2 novembre 2018 / Photo de SONIKEM

RJHH : A quel moment tu as décidé de faire de la musique et comment ta carrière a-t-elle démarré ? 

Tigarah: En 2008, j‘ai commencé à faire la musique grâce à mes potes brésiliens qui habitaient à Tokyo, ils m’ont fait écouter la musique du Brésil. J’ai découvert le hip-hop brésilien “Baile Funk” et je suis devenue folle à cause de cette musique. J’en suis tombée amoureuse, c’était mon premier coup de foudre et j’ai décidé de devenir artiste. J’étais la première asiatique qui faisait la musique Baile Funk et cela m’ a permis de rencontré Diplo et la rappeuse anglaise M.I.A. Ils ont rendu ce style beaucoup plus populaires et maintenant ça marche très bien au Japon.

Ensuite, je suis allée au Brésil. J’ai habité à Sau Paulo pour commencer ma carrière, c’était comme une aventure. A cette époque, Baile Funk n’était pas populaire au Brésil et ce n’était pas encore le bon endroit pour démarrer. Après, j’ai rencontré un compositeur qui adore Baile Funk, et on est devenu de très bons amis. On a donc logiquement commencé à collaborer ensemble. Il habitait à Los Angeles, j’ai donc passé quelques temps à Los Angeles. Nous avons travaillé sur mon premier EP et nous l’avons posté sur Myspace.

Myspace était grand à l’époque et j’ai fait pas mal de buzz. Ensuite, j’ai signé avec Universal Music à L.A, puis je suis rentrée au Japon pour faire mon deuxième album EP.

RJHH: Tokyo, Sau Paulo, Los Angeles et ensuite Tokyo. Tu es revenue au Japon avec pas mal d’idées et aussi des sons pour tes albums. Peux-tu me parler des deux albums que tu as sorties ?

Tigarah : En fait, j’ai fait deux EPs et publié deux albums. J’ai fait mon premier album au Japon “The Funkeira Goes Bang” et après je voulais bosser avec les producteurs français pour mon deuxième projet. J’adorais la musique française, surtout électro ainsi que la scène underground électro hip-hop. Je suis donc venu à Paris et j’y ai vécu deux ans de demi.

A cette époque, je suis aussi allée à Londres pour bosser avec quelques producteurs anglais. Ensuite, je suis rentrée à Tokyo et j’ai sorti mon deuxième album “This World Is My Playground“. J’ai effectué beaucoup de voyage dans le monde afin de sortir mes deux albums.

RJHH : Je ne dirai pas que tu as fait le tour du monde, tu as visité plusieurs pays. Les rencontres et les collaborations se sont faites une fois dans ces pays. 

Tigarah : Durant mon séjour à Paris, j’ai rencontré beaucoup d’artistes français y compris des rappeurs. Ils sont devenus de très bons amis aujourd’hui. C’est tellement intéressant et incroyable de voir que tous les chemins sont bien connectés et toutes les rencontres surprenantes. Parfois, la vie est comme un film pour moi. C’est vraiment incroyable et j’ai hâte de voir ce qui va arriver pour la suite. 

RJHH : En revenant sur l’ensemble de tes morceaux. Quel est la chanson que tu as produite et dont tu es la plus fière ? 

Tigarah : Je dirai “Girl Fight !” compris dans mon premier EP. Ce morceau était sur le jeu vidéo FIFA 2007 et le remix aussi était sur FIFA 2008. C’est l’un des plus grands jeu vidéo pour les simulations de football. Cette chanson était mon premier single et m’a permis d’avoir de nombreuses opportunités et d’occasions dans plusieurs pays. Un bon nombre de portes se sont ouvertes pour moi. Je l’ai pris comme un signe car c’était vraiment incroyable.

RJHH: Tu parles très bien français et tu reviens assez régulièrement à Paris ? Qu’aimes-tu faire en France ? 

Tigarah : Petite, j’ai grandi avec Dragon Ball et la culture française. J’étais dans une école catholique avec des sœurs française à Chiyoda Ku, en plus il y avait une église à côté de l’école. Il y avait uniquement que des filles et les règles dans l’établissement étaient très strictes. C’est comme ça que j’ai pu apprendre la langue.

Je voulais toujours habiter à Paris et dans mon parcours j’avais la possibilité de choisir le pays dans lequel je souhaitais poursuivre ma carrière après mon premier album. Je savais qu’il y avait de bons producteurs français, donc j’ai pensé que venir à Paris serait bon pour moi. 

J’ai de bonnes relations avec la France et les artistes Français que j’ai rencontré Nekfeu plus des personnes de l’Entourage (Alpha Wann, Doums, Deen Burbigo, Frama et les autres), les membres du label Seine ZOO Records $-CREW et le rappeur Orelsan. J’ai fait des morceaux avec le grand-frère de Calogero qui est un producteur. Je connais beaucoup d’artistes à Paris et parfois j’ai comme l’impression d’être attirée par cette ville. Viens !!! Viens !!! Tigarah c’est le moment !!! (rires).

RJHH: La musique occupe-t-elle une place importante dans ta vie  ?

Tigarah: En fait, c’est devenu plus important après. J’ai grandi avec les animes comme tout le monde, mais en grandissant j’ai toujours rêvé de faire quelque chose de plus internationale. Je voulais voir le monde, parler pleins de langues et visiter beaucoup de pays. C’était mon but.

Quand j’étais lycéenne, je voulais travailler dans une ambassade. J’ai donc poursuivi mes études dans la politique à l’université. Après ma première année, j’ai découvert la musique et j’ai radicalement changé ma vie quand j’ai écouté Baile Funk la toute première fois. Mon aventure a commencé à ce moment-là.

RJHH: J’ai vu sur YouTube tes vidéos, To Originals, Shake it like Kawaii. Mais elles sont sorties en 2016. Et depuis, tu n’as plus fait d’autres clips ni de sons. Tu faisais une pause ?

Tigarah: Ouais je sais, je voulais prendre du temps pour me reposer car ça faisait presque 10 ans que je faisais que de la musique. En fait, ma carrière a démarré aux Etats-Unis avec toute mon équipe japonaise. Mon label m’a ensuite demandé de revenir au Japon. Mais après quelques gros changements dans mon management, je voulais prendre une pause et réfléchir pour donner une nouvelle direction à ma musique.

RJHH : Tu dois gérer pas mal de choses avec ton travail de journaliste pour E-NEWS, tu es aussi DJ, rappeuse chanteuse et les projets à venir sur Paris. As-tu vraiment le temps de faire tout ça ?

Tigarah : Je me suis reposée pendant deux ans sans faire de musique, j’avais donc le temps de faire la télé, la mode et le reste. C’était bien car j’ai pu acquérir de l’expérience sur les autres projets de business. Mais d’un autre coté la musique me manquait trop. Maintenant je souhaite revenir et me remettre dedans. C’est un bon redémarrage pour moi. Je suis prête.

RJHH : Je voulais aussi savoir quel est ton TOP 5 des rappeurs japonais.

Tigarah : Hmmm, c’est une question un peu difficile… J’espère que mes potes rappeurs japonais que je ne vais pas citer ne seront pas tristes ! (rires). Je ne peux pas dire qui est le premier, mais mon TOP 5 est ; Verbal, AKLO, Zeebra, Mummy-D du groupe Rhymester et le dernier est Rei Mastrogiovanni. C’est un artiste underground qui rappe en anglais, mais son flow et sa voie sont trop impressionnants. Je l’adore aussi.

RJHH : D’après toi, pourquoi la plupart des artistes de rap japonais et autres artistes hip hop sont restés uniquement au Japon ?  As-tu remarqué comme moi cette jeune et petite génération de rappeurs qui commencent à s’émanciper un peu plus en allant à l’étranger ?

Tigarah: Je pense que le hip-hop japonais est encore underground et que certains jeunes artistes ont plus de liberté de faire autre chose. Quand on est populaire, c’est toujours avec les managers japonais qui ont plus de pouvoir et le contrôle. Au Japon les artistes travaillent pour les managers alors que c’est l’inverse dans d’autres pays. Donc, les artistes japonais n’ont pas souvent la possibilité de sortir car les managers ont le pouvoir.

Si tu es un artiste et que tu souhaites faire quelque chose pour toi venant de ton cœur, je pense que tu ne peux pas travailler comme ça. En tout cas pour moi, je ne voulais pas du tout être comme ça. J’ai eu plus de vue et de fans en sortant du Japon. C’est très difficile pour les artistes du hip-hop japonais d’être populaire.

Le marché est plus grand maintenant avec ces nouveaux artistes. Il y a plus de diversité et c’est bien car les jeunes peuvent écouter beaucoup de musiques différentes avec tous les outils qu’il y a en ce moment.

RJHH : Vas-tu travailler avec des artistes du hip-hop japonais dans tes futurs projets ? Es-tu déjà en contacts avec certains artistes ?

Tigarah: Oui bien sûr !!! Je fais la musique au Japon aussi et je connais un bon nombre de rappeurs japonais. J’ai des plans qui sont prévus et je te dirai quand tout sera prêt.

RJHH : Ton dernier mot pour la fin, une dédicace à faire ?

Tigarah: J’ai enfin commencé à préparer mon nouvelle album EP. Je bosse aussi avec des français. En 2019, je vais habiter à Paris et j’espère réaliser pas mal de choses en France. On ne connait pas l’avenir et j’ai un très bon feeling. Donc, Inchallah !!!

 

Propos recueillis par Roger Atangana


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