Elle s’appelle Yurika. La jeune femme que nous avons rencontrée a le geste tranquille. Avec une douceur communicative, elle se livre sans fard aux questions de RJHH, comme si on la connaissait depuis toujours. Elle s’est confiée en racontant avec intimité au début de sa carrière d’artiste rap, ses deux albums “The Ordinaries of Life“, “Andiantum” ainsi que “Afrodisiac” ; l’album EP qu’elle a publié dans les bacs le 16 avril 2018. Rencontre.


RJHH : Bonjour Yurika, merci de recevoir RJHH à Shibuya. Peux-tu commencer par te présenter et nous raconter ton parcours ?

Yurika : Je suis Yurika. Je suis née à Tokyo et j’ai grandi à Sangenjaya. C’est la localité où vis le rappeur Han’nya. C’est à peu près à 10 minutes de Shibuya en train. J’ai commencé à rapper il y a 18 ans. Quand j’étais étudiante à l’université de Yokohama, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui aimaient le hip-hop comme moi.

J’ai rappé dans plusieurs clubs hip-hop de Yokohama. J’ai même participé au concours de rap SKYBEATZ organisé par KEN THE 390. C’est durant ces événements que je l’ai vu et qu’il m’a demandé si on pouvait travailler ensemble.

En 2012, j’ai sorti mon premier album “the ordinaries of lifes” et j’ai signé mon premier contrat avec le label Dreamboy. Ce label est dirigé par KEN THE 390. Deux ans après, j’ai sorti mon deuxième album “ADIANTUM“. Mais entre ces deux albums, j’avais fait le buzz avec le single “Take Action” avec DJ Watarai.

RJHH : Je me rappelle bien de Take Action, je l’avais écouté la première fois en 2013. Quelle est la chanson hip-hop qui t’a le plus marqué et donné envie de te lancer dans le rap ?

Yurika : Quand j’étais au collège, j’écoutais beaucoup de musique pop avec mon frère ; Britney Spears, N-SYNC, Backstreet Boys et d’autres artistes. En 2001, Je suis ensuite allée en Australie pour y rester un an et apprendre l’anglais. Un jour, j’ai entendu la chanson de la rappeuse américaine EVE, Who’s that girl” et aussi les artistes Lim Kim, Missy Elliot, Mc Lyte et Queen Latifah. Quand j’ai écouté leur musique, je voulais faire exactement la même chose. Être rappeuse et chanteuse.

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RJHH : J’ai vu que tu as collaboré avec pas mal d’artistes pour réaliser The Ordinaries of Life, comme Takuma The Great de Hooliganz, Cherry Brown, Sonomi, Funk-k, Dj Tsubasa et pleins d’autres. Était-ce difficile de travailler tous ensemble en même temps ?

Yurika : C’était très facile, car toutes ces personnes sont mes amis. En fait quand j’ai commencé à rapper à Yokohama, j’ai rencontré Takuma The Great que je respecte beaucoup. Sonomi, c’est une artiste que j’aime beaucoup aussi, elle a souvent chanté avec le rappeur Kreva. Je me rappelle bien lui avoir demandé de participer à mon premier album. Pour les autres, je les ai rencontrés aussi durant mon parcours et ils sont devenus par la suite des amis.

RJHH : Parmi ces 3 morceaux présents sur ton album, “Hell no”, “Slow Dow”, “How we do it”. Lequel est ton préféré ?

Yurika : Je te dirai “Slow Down“, c’est la chanson que je préfère le plus dans mon 1er album. A cette période, je commençais le rap sérieusement. Ce titre est vraiment agréable à rapper, grâce à son beat percutant. “Slow Down” a été produit sur une Akai MPC, par le beatmaker Ko-Ney.

RJHH : Deux ans plus tard, ADIATUM  ton deuxième album est sorti. Et cette fois tu as rejoint KEN THE 390, KLOOZ et dj Watarai. Travailles-tu encore avec ces personnes ?

Yurika : Non, maintenant, je travaille sans eux. Je collabore avec d’autres beatmakers. C’est mon choix, car avant je faisais de la musique pour d’autres artistes. Actuellement, je suis en solo et je crée des chansons beaucoup plus personnelles.

RJHH : Nous avons écouté ton album EP Afrosdisiac dévoilé en avril 2018. Peux-tu me parler des deux titres “Lazy Crazy Bayavec Kick a Show et “Good Night” ?

L'album EP Afrodisiac de Yurika

AFRODISIAC – YURIKA

Yurika : Les deux morceaux ont été produits par le même producteur. Il s’appelle Sam Is Ohm. C’est un très jeune artiste et je voulais bosser avec lui. Dans “Lazy Crazy Baby“, je parle des hommes japonais. Certains d’entre eux sont vraiment très timides. En fait, je leur parle en disant de ne pas être timide en restant dans leur coin. Un moment je dis « Hazugachi garanai desu », ça veut dire “ne sois pas indifférent, ne sois pas timide”. Quant à “Good night” c’est plus une chanson d’amour.

RJHH : Les rappeuses telles que toi, sont très bien représentées et ont un espace non négligeable sur la scène hip-hop japonaise. Quelle est donc ton artiste favorite ?

Yurika : Pour moi, c’est Coma-Chi qui est la meilleure et ensuite moi (rires). C’est une artiste très populaire qui a influencé beaucoup de rappeuses au Japon. Je l’aime beaucoup, car elle a vraiment d’énormes compétences en rap.

RJHH : Un avis à donner sur les compétitions de freestyles organisées au Japon ? Tu as sans doute vu ou même entendu parler de ces manifestations ?

Yurika : Oui, bien entendu. Récemment au Japon, il y avait cette émission, Freestyle Dungeon qui organisait des battles de rap. Un bon nombre de jeunes rappeurs sont motivés pour y participer. Je ne suis pas très intéressée par ces manifestations. Je préfère me concentrer davantage sur ma musique.

En plus, je suis une personne très nostalgique. j’aime beaucoup et j’écoute toujours le rap américain à l’ancienne. Busta Rhymes, Missy Elliot, Nas, Snoop Dogg, Method Man et d’autres rappeurs de cette génération. Le flow, les paroles, tout était parfait. Mais maintenant, ce n’est plus la même chose. L’accent est trop souvent mis sur tout ce qui est visuel et les choses matériels. Les compétences de l’artiste ne sont plus mises en avant. Pour moi, le meilleur hip-hop c’était avant.

RJHH : Avec quels artistes aimerais-tu travailler ?

Yurika : Je pense à Beyonce, Missy Elliot, Kendrick Lamar.

RJHH :  Un dernier mot pour la fin Yurika ?

Yurika : Merci Real Japanese Hip Hop, pour cette interview. See you soon in Paris !!!

 

Propos recueillis par Roger Atangana


 

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